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Conférences
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| Thème : Définition du problème La voie des réformes, quel rôle peut jouer l'occident? | |
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| Nadia Yassine, 15-10-2008 |
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| Les voies de la Réforme : que peut l’Occident pour le monde musulman ? |
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| L’Occident tout comme le Moyen-Orient est loin d’être une masse informe et monolithique. Ne pouvant saisir sa complexité en si peu de temps imparti, je me contenterai de distinguer un occident des sociétés civiles de celui des gouvernements.Si ces sociétés civiles sont enclines à un véritable débat humaniste concernant le monde musulman, les gouvernants sont plus portés sur des calculs exigés par la Realpolitik. Une certaine convergence se fera cependant probablement entre ces deux segments en ce temps de crise. De véritables basculements sont certainement en marche, dans la mesure où la notion de « rareté » qui se profile avec la crise financière mais aussi écologique fait plutôt penser à des processus militaires dont l’initiative américaine n’est que l’annonciation timide. L’ampleur du désastre qui en résulterait quant à lui fait pencher la balance vers un scénario moins suicidaire. Le chamboulement géostratégique international favorisé par la chute libre de la finance américaine et la montée d’autres puissances verra certainement l’Europe repenser son Autre et renouer avec une richesse de la pensée qui n’a pas toujours été unique. Si le souci sécuritaire rend ce scénario très difficile à réaliser, le devoir-vivre-ensemble l’exige en tout cas. |
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| Quel que soit le choix que fera l’Europe, qu’il soit sécuritaire ou humanitaire, il faudra bien qu’il rompe avec l’esprit d’un processus de Barcelone s’il veut arracher la méditerranée Sud au fameux trou noir mentionné dans le rapport du PNUD ( Rapport sur le développement humain arabe de 2004), mais aussi à la griffe d’une politique de chaos qui ne peut en aucun cas être constructeur . Le chaos du monde musulman ne pouvant épargner les proches voisins, il y a urgence de repenser l’altérité du monde musulman loin de cette dichotomie Occident- Orient , Europe-Islam, mais bien dans le cadre d’un monde complexe et d’humanité mondiale ( René-Jean Dupuis in l’humanité dans l’imaginaire des Nations). Certains parlent de méditerranéiser l’Europe plutôt que d’européaniser l’espace méditerranéen. Les grandes lignes de cette rupture multidimensionnelle tiendraient à : |
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| 1) Une refonte idéologique à travers des programmes moins sélectifs et moins axés sur des approches culturalistes. Une revalorisation d’une véritable intelligentsia et le renouement avec une pensée moins conditionnée par l’orientalisme renaniste, né dans un contexte de légitimation du capitalisme colonisateur. (Il est intéressant de noter comment une pensée aussi riche que celle d’un Geiger ou d’un Goldziher, contemporains de Renan, ait été aussi marginalisée par le cours officiel de la culture européenne.) . Cette refonte idéologique serait parfaite par un programme qui élargirait à la rive Sud des initiatives telle que celle d’Erasmus, et qui permettrait une mise à niveau de la « lumpen-intelligentsia ». Celle-ci serait promue en passeur entre deux cultures. L’esprit de I’ijtihad admettait tout à fait ce rôle à condition de tenir compte du paramètre égalitaire et de ne pas reproduire le schéma post colonial qui produisit des élites de relais plutôt que des interlocuteurs et des acteurs réels de changement. Ces élites cadettes seraient d’excellents vecteurs pour une véritable démocratisation. L’analphabétisme reste, je pense, l’obstacle majeur à une quelconque avancée démocratique. |
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| 2) Une action politique basée - Sur les leçons tirées du processus de Barcelone en facilitant la circulation de l’humain en même temps que celle des biens.- Sur les leçons tirées du GMO et du NMO qui ont démontré les limites de la démocratisation par la force. La Démocratie Nescafé ne paie pas. Même Zbigniew Brzezinski a raillé l’impatient democracy.- Reconnaître l’Islam et les islamistes comme des interlocuteurs valables pour une véritable démocratisation et non des terroristes en puissance. Ghassan Salamé appelle cette reconnaissance « faire le pari de la démocratie » sur les islamistes, puisque toutes les expériences électorales réellement libres ont démontré leur popularité. Le risque de dérive sera jugulé par des mesures économiques et par la promotion d’un enseignement de haute qualité. - Cesser de soutenir les régimes en place et laisser les dynamismes « indigènes » se faire sans interventionnisme, sachant qu’une synergie existe bel et bien et que la démocratie représentative est un idéal tout à fait compatible avec l’Islam, à condition qu’on accepte la diversité qui peut accompagner son appropriation. |
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| 3) Cesser d’enrichir une classe avec une politique de l’aide qui dans un cadre de corruption ne profite pas aux peuples asservis mais à la classe dirigeante et à ses acolytes. Il faudrait plutôt opter pour un plan de redressement qui réparerait les dégâts des ajustements structurels dont le Sud, et en l’occurrence les pays musulmans, ne se sont pas relevés. 4) In last but not at least, arrêter la politique des deux poids deux mesures concernant Israël et la Palestine. Ce point névralgique ne laissera pousser aucune démocratie tranquille au Moyen-Orient. |
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