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| Najia Rahmani, 14-03-2007 |
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| Depuis un an, plusieurs femmes ont gagné le pouvoir politique suprême dans le monde. Laurence Parisot est devenue la première femme à prendre la tête du patronat Français « un milieu historiquement macho».Angela Merkel, est devenue la première chancelière en république fédérale d'Allemagne. Ellen Johnson Sirleaf, est la première femme élue présidente d'un état Africain. Michelle Bachelet, est la première femme élue présidente d'un état du continent Sud-Américain. La France se prépare à choisir entre un homme et une femme pour diriger le Pays et c'est en soit une première. |
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| Bref, des femmes "maman" qui, espérons le, dirigeraient avec plus d'humanisme et moins de notion d'argent et de profit du capital ! |
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| Ceci à travers le monde, qu’en est-il au Maroc ? |
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| En ce jour de fête, j’ai tenu à vous parler de Hada, Ouicha et les autres, histoire d’avoir de leurs nouvelles après une année.(1) Vous vous rappelez que Hada l’an dernier n’a pas pu assister aux festivités à cause d’un œil au beurre noir cadeau de son mari Mouha, et que Ouicha avait eu la mâchoire cassée, qu’ont elles enduré durant cette année ? |
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| Mouha qui s’était installé à Tanger et qui s’était endetté jusqu’au cou pour acquérir une baraque au bidonville du souk de Casa Barata, a vu ses rêves partir en fumée, une nuit de cauchemar, entre 21h45 et 2h30, le feu dévastateur du souk avait dévoré son maigre commerce de friperie, le laissant sans ressources. Les victimes crièrent haut et fort que c’était un des complots du makhzen mais les spécialistes d’étouffement des scandales réussirent encore une fois à les faire taire. Mouha, anéanti, sombra dans la déprime, il inhala toutes sortes de produits : de la colle à séchage rapide, des solvants, des diluants de peinture, des dissolvants à ongles, du cirage, des liquides de nettoyage, de l’essence à briquet ; ainsi il devint toxicomane, et les malheurs de Hada se multiplièrent. |
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| Hada ne se rendra même pas compte qu’on est au mois de Mars, tellement elle est préoccupée par les besoins de ses enfants. Elle entendra vaguement parler d’un nouveau Code du travail qui prohibe l'absence de contrat, les salaires inférieurs au SMIC, l'absence de bulletin de paie, etc. Le problème c’est que le statut d'“employé(e) de maison” ne figure nulle part dans la nomenclature du nouveau Code. Autrement dit, le vide juridique est total en la matière. |
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| Hada est une femme courageuse comme beaucoup de marocaines. Travaillant hors contrat, elle ne rechigne jamais sur une besogne, elle s’attelle à sa tache à l’aube, et ne termine, crevée, que tard dans la soirée. Tout ceci pour un salaire de 800Dh, qu’elle partagera difficilement entre le loyer, les factures d’eau et d’électricité, la nourriture et les vêtements de ses enfants. Fort heureusement il y a toujours des restes de repas chez ses patrons, ses enfants peuvent ainsi manger à leur faim. |
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| Pauvre Hada poursuivie par le mauvais sort du 8 mars, elle a reçu encore une fois une bonne tannée ; cette fois ci, non pas de son mari, mais de son employeur. Elle ne songea même pas à porter plainte parce qu’elle sait qu’hors contrat, rien n'empêche une employée de maison, victime de mauvais traitements ou de sévices, de déposer une plainte à l'inspection du travail, mais sa plainte ne sera prise en compte que si elle dispose d'un contrat. Typiquement l’adage marocain : « monte prendre des figues ! descends, personne ne t’a dit d’en prendre ! ». |
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| Venons à Ouicha qui habitait « Mhamid Elghizlane » le petit bled perdu au fin fond de nos frontières. Sinbad et Yasmina, rappelez vous, lui promettaient monts et merveilles : « une nouvelle ère aux niveaux économique et social avec pour signe "la lutte contre la pauvreté, l'exclusion et la marginalisation". |
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| L'Initiative s’était fixée quatre programmes préliminaires, en l'occurrence l'éradication de la pauvreté dans le monde rural, la lutte contre l'exclusion sociale en milieu urbain, la lutte contre la marginalisation, ainsi qu'un programme vertical qui consiste en une action nationale de soutien aux opérations ayant un grand impact sur le développement humain, à l'échelle de toutes les collectivités rurales et urbaines non ciblées, à travers la proposition de projets au niveau des préfectures et provinces. » |
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| Parlote que tout ça ! Sur le terrain rien de concret, Ouicha est encore plus pauvre, ses enfants doivent gagner leur vie, et son mari chômeur, est plus tyrannique que jamais. |
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| Quand les paroles se vident, quand l’amertume enroue la voix, quand l’injustice opprime, quand les mots deviennent insignifiants et quand la vie perd tout sens… alors, laissons parler les chiffres, des chiffres officiels qui sont bien en dessous de la réalité (2) : Les jeunes Marocains détenteurs de diplômes universitaires sont touchés par le chômage à hauteur de 27%Quelque 48 % des Marocains de plus de 10 ans sont analphabètes. Sur ce total, ce sont 2 millions d’enfants âgés entre 9 et 15 ans qui se trouvent aujourd’hui hors du circuit scolaire et ne bénéficient d’aucune sorte d’instruction. La mortalité infantile est de 40,24‰Concernant la part de revenu, 10% des plus pauvres ont 2,6% alors que 10% des plus riches ont 30,9%...etc. et le tableau se noircit de plus en plus |
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| Hada, Ouicha et autres marocaines courageuses, je vous souhaite bonne fête, en espérant vous retrouver l’année prochaine, bien réveillées du cauchemar des longues années d’un « minerai », on m’avait dit que vous aviez dépassées des années de plomb… |
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| (1) Article du 8Mars 2006 « Sur un air de fête »(2) http://www.statistiques-mondiales.com/maroc.htm |
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