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| Par Nadia Yassine, 25-05-2006 |
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| Hier, le Makhzen a jugé bon de tester l’efficacité de ses nouveaux services de police. Après avoir démontré à l’ennemi externe (lequel en fait ?) que notre armée défilant désarmée est parée à la défense ; voilà le tour de l’ennemi interne sur lequel on lâchera les nouvelles troupes de police rôdées à des exclusivités en matière de sécurité : capturer des femmes et des enfants pris en flagrant délit de…Communication. |
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| En fait les descentes de police dans les locaux d’Al Adl Wal Ihsane, semi-connus et semi-reconnus, sont la manifestation évidente de la peur bleue que le Makhzen a de la transparence et de la communication. Cette appellation de semi est aussi une spécialité makhzènienne tenant de cette danse très appréciée par lui : un pas en avant, trois pas en arrière. Le mouvement n’est ni interdit ni autorisé, et que ceux qui ont fait du Droit n’essayent surtout pas de comprendre : c’est de l’inédit, il n’y rien à comprendre. Interdit quand il devient trop ouvert ; commode et autorisé quand il canalise les mauvais instincts d’une jeunesse survoltée après un 16 mai explosif. Interdit lorsque je suis invitée en Allemagne par un centre pas trop stratégique ; autorisé lorsque je suis invitée aux Etats-Unis. Interdit quand nos portes sont ouvertes autant que nos cœurs ; autorisé quand nos portes sont fermées (avec infiltration bien sûr). |
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| Cette fois nous sommes bien interdits et même candidats à des nuits dans les commissariats de police ; femmes, bébés, hommes, visiteurs, membres, et matériels (volés officiellement au mouvement) confondus. |
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| De quoi s’agit-il donc ? |
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| Il est de notoriété publique que parmi les principes fondateurs du mouvement, la transparence tient une place de choix. Par fidélité à cet esprit, le mouvement que l’on accuse à tort et à travers de fermeture et de bizarreries de tout genre a jugé bon d’ouvrir ses portes et d’exposer, en toute transparence justement et au grand public, ses différents objectifs, ateliers et programmes. Le succès de ces portes ouvertes organisées dans plusieurs grandes villes étant impressionnant, il fallait bien que le pouvoir réagisse ... |
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| Après la répression et les moyens forts durant les longues années de la chape de plomb, et la nouvelle conception du pouvoir oblige, le Makhzen mise désormais sur la calomnie et le discrédit. Soutenu par une certaine presse de très bas niveau pour ne pas dire de caniveau, le Makhzen ne se gêne pas pour colporter tout ce qu’il veut contre le mouvement, privé lui du moindre organe de presse. Les portes ouvertes ne peuvent donc que le déranger dans cette stratégie de désinformation systématique. |
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| L’ambiance étant plutôt survoltée en cette année 2006, le Makhzen a assez de contraintes pour frapper d’une pierre deux coups et rentabiliser ses descentes de police tout comme ses exhibitions militaires. Car il est clair que ces descentes sont aussi destinées à impressionner le peuple marocain qui s’intéresse de plus près au mouvement. On lui rappelle de façon indirecte que le Makhzen n’est pas complètement désarmé ; ni complètement sorti de la logique policière, ni complètement ouvert, ni complètement courageux…car si le mouvement est assez courageux pour organiser des portes ouvertes, le pouvoir lui ne pratique que les portes à peine entrouvertes afin de les refermer à la moindre alerte de mouvement réel… |
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