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Vos contributions
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| Marrakech ville des grands départs, Faut-il rappeler son histoire? | |
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| Fatiha Labid, le 28 mars 2006 |
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| C'est dans la ville ocre que Abdessalam Yassine avait écrit sa célèbre lettre ouverte, grand départ pour le mouvement Justice et Spiritualité. Ce samedi du 25 mars 2006, Nadia Yassine est à Marrakech pour la présentation de son livre: "Toutes voiles dehors"; une invitation à un voyage à la Noé, pour un dépaysement garanti. Ce livre a par ailleurs été traduit en langue arabe notamment sous le titre de "IRKAB MA'ANA" par un ensemble de chercheurs dont M. Jaouad Mouftisada. |
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| Le débat fut ouvert par M. Nour Eddine El Mallakh qui ne fut pas surpris par l'interdiction d'organiser cette signature dans un espace public, même ceux ayant déclaré être heureux de recevoir Nadia Yassine ont dû se débiner, manifestement après les pressions exercées sur eux. Lisez le journal "le Monde", Marrakech est pourtant une ville ouverte à ce que ce quotidien français appelle les "émigrés judiciaires" déambulant avec leur proxénétisme en tout genre, lisez les autres journaux; ou mieux marchez simplement dans la rue, ou encore regardez les émissions "étrangères" consacrées à la ville de Youssef Ben Tachfin. Une ville où la Koutoubia risque selon ses experts de "devenir une maison d'hôtes" Et si la ville ocre fut un haut lieu un lieu de départ, elle est devenue aujourd'hui celle de beaucoup de mauvais arrivages. |
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| La présentation terminée, Nadia Yassine fut très émue par la présence des premiers compagnons de route de son père, Si El mellakh, Si El Alaoui Soulaymani, Si Ali Socrate, Si moumen, elle leur rendit un vibrant hommage ainsi qu'à leurs familles également présentes. |
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| La fille du guide spirituel exposa d'abord le "pourquoi"et le "comment" de son livre et ne fut pas du tout avare de détails: Des écritures judéo-chrétiennes, en passant par le cartésianisme, le darwinisme, la crise de sens sévissant de par le monde, sans oublier l'orientalisme et son non moins déformante héritière d'aujourd'hui, l'information.L'écriture vouée à diffuser la Parole divine est aussi un sang de martyre, et c'est ce que l'auteure avait voulu au départ : un acte de Djihad. En effet son livre lui a ouvert l'espace public, au-delà des frontières un peu partout dans le monde, une sorte de "Foutouhat". Aux Etats-Unis (notamment à Berkeley, à Harvard que certains ont confondu avec le Département d'état américain), à Paris, à Budapest, Barcelone, Dubaï aussi,( que l'on peut confondre étant donné ce qui prévaut dans la région du Golfe avec le Département d'état américain, mais rassurez-vous elle a décliné l'invitation, combien d'autres l'auraient fait?); espace donc ouvert sauf en deçà des frontières, au Maroc où cet espace public semble se rétrécir en peau de chagrin. |
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| Ensuite Mr.Zada prit la parole, rappelant les limites inhérentes au travail de traduction si ardu soit-il car il n'est pas seulement la transposition d'une langue à une autre langue mais la transposition d'un monde à un autre. Difficultés surgissant dès le titre où le mot "voile" induit facilement en erreur faisant penser au voile féminin très en vogue alors qu'il renvoit aux voiles du navire en vogue sur mer pour un voyage salvateur, ce qui est beaucoup moins en vogue.Traduction d'autant plus délicate qu'il s'agit ici de drainer une langue indo-européenne vers une langue de la famille sémitique, en l'occurrence le français vers l'Arabe. Son exposé ne manqua donc ni de profondeur ni de subtilité. Non plus, il ne fut avare de détails:On apprit que Abou Hanifa dédaignait la traduction du Livre Saint recommandant l'apprentissage de la langue arabe, Al Shafi'i qui au contraire, la conseillait pour propager la Parole Divine, Chatibi aussi, puis vint M. Hamidoullah qui insémina les langues en y introduisant les concepts coraniques à son avis intraduisibles à l'exemple de "çalat", de "Zakat", etc; incitant ainsi le lecteur à chercher le véritable sens de ces mots. Mr. Zada fut le premier à remercier Nadia Yassine pour lui avoir permis ce merveilleux voyage qui pourfend l'infâme terminologie de la pensée unique et par conséquent inique, et conclut en toute modestie qu'il invitait les lecteurs à lire son livre en français en s'appuyant sur l'adage italien : "Traduttore, traditore" : Traduire c'est trahir. |
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| Puis vint le temps des questions-réponses, du débat.Certains émirent des doutes quant à l'objectif du livre. Toucher l'autre avec son matériau de réflexion, à savoir sa langue vernaculaire surchargée de pesanteurs culturelles, n'est-il pas une véritable gageure? Tout en sachant que cet autre n'est mû que par le profit et n'est que l'ennemi d'hier et d'aujourd'hui? |
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| D'autres s'interrogèrent sur la "susceptibilité spirituelle" qui se déclenche dès lors qu'on l'interpelle car elle résolument encastrée, chez la majorité, dans les abysses du domaine du très privé. N'est-il pas un peu téméraire que de vouloir la cibler en premier lieu?Dans le même registre l'on s'interrogea sur le "comment convaincre" en frappant la porte close du mysticisme, du fait "du véritable totalitarisme de l'ordre rationnel", pour reprendre John Stuart Mill, le très utilitariste philosophe anglais. |
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| Un autre intervenant parlant au nom de bien d'autres félicita l'auteure : "Madame Yassine, je vous dis: Chapeau pour cette aventure!"Plus prosaïques les journalistes présents étaient avides de questions sur le procès de Nadia Yassine, questions auxquelles semble avoir répondu cette autre question : Le Makhzen est-il un tigre en papier? |
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| L'auteure répondit en insistant sur la réouverture des portes de l'Ijtihad, incitant également à "nous délivrer de la mentalité d'assistés permanents et de la mentalité d'auto-flagellation".Elle appela à dialoguer avec la société civile mondiale ou plus exactement altermondialiste avec les réserves nécessaires, à dialoguer avec l'individu, à saisir sa spiritualité même enfouie, partant de sa"fitra", innéité ou innocence originelle, pardonnez encore une fois la traduction. Le convaincre avec la manière d'être exemplaire qui n'a pas besoin de verbiage, et le voici lui-même venu vers vous pour poser des questions. Elle en a la preuve par son très chargé courrier électronique. |
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| Quand à son procès elle lança le relais d'une manière presque inopinée au porte-parole officiel du mouvement Justice et Spiritualité Mr. Arsalane qui répondit non sans humour sur un ton de bon commentateur philosophe: " Concernant la République de Platon..." puis il focalisa avec non moins de sérieux sur le comportement irrationnel du Makhzen qui n'est plus à démontrer. |
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| Vint enfin l'instant pour la signature du livre, en français et en arabe, mais je formule ici mes excuses car je vais être avare de détails.Que la visite de NY soit considérée comme une agression puisque l'espace public lui a été interdit, relève du délire. Marrakech est le lieu de naissance de son père et ils y ont vécu. Comment ne pas nous rappeler dans ce cas de la célèbre petite phrase de Michel Jobert alors ministre des affaires étrangères de la France: " Remettre les pieds chez soi ne peut en aucun cas être considéré comme une agression imprévue..." Il s'agissait des Palestiniens qui voulaient retourner chez eux, mais posons-nous la question : En sommes-nous arrivés là, à Marrakech où, pêle-mêle, l'argent sale veut déteindre pour se blanchir et interdire à ses enfants d'y revenir? |
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| N'en déplaise à ses détracteurs, nous la remercions pour son "escale" dans sa ville dont elle a foulé allègrement les sentiers les plus interdits pour aller voir en prison un père qui a su l'affermir sans jamais rien lui interdire.Merci Nadia pour ta visite qui a rendu à Marrakech sa couleur hautement spirituelle. |
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